Séquestrée volontaire depuis le le premier décembre. Au bout du bout du rouleau, je ne pouvais plus aller plus loin seule. Après une évaluation de deux jours, j'ai été transférée deux étages plus haut, en traitement renforcé, privé de mes chargeurs de portable et mp3 de peur que je ne me pende avec. Pas de table dans ma chambre alors j'ai fini par déplacer ma table de nuit pour pouvoir écrire relativement plus confortablement que sur le lit.

Pas une seule table à hauteur normale à disposition, ou alors mon médecin va m'inscrire en ergothérapie où il y en a sauf que ce ne sera pas quand je le voudrais. Mais bon, c'est toujours mieux que rien. Je sais que ce n'est pas le club med mais l'ambiance est parfois tellement chargée d'agressivité que je fuis dans ma chambre.

Pas encore vraiment de travail sur moi, juste les grandes lignes exposées au psy. Beaucoup de boulot a t'il dit ....non, sans déc ?

Aujourd'hui Dimanche ... mais finalement les jours ont peu d'importance. Je me marre quand un fait Superman dans le « jardin » avec sa couverture, je pleure quand on transfère une tite nana avec qui on s'était trouvées, même patho, ano, trois semaines de gros boulot, une nette amélioration et hop, on l'envoie ailleurs pour raison purement administrative sans tenir aucun compte de la personne.

Vive l'humanité.

Je ne peux voir mon petit que dehors, il est encore trop jeune. La première fois qu'il est venu, on ne le savait pas. Serrer son gamin à travers des barreaux, ça n'aide pas. Effondrements des deux cotés. L'infirmière très chouette m'a dégottée une permission d'une demi heure. Ca nous a fait du bien. J'ai eu droit à 1h30 dehors avec lui samedi après midi. Promenade au square pas loin et posage dans un café ensuite. Ma mère m'est tombé dans les bras en pleurant, peut être commence t'elle à comprendre, à admettre... je ne sais pas. Le père de mes enfants est très présent malgré le décès de son frère. Il revient ce soir de quelques jours en Espagne pour la dispersion des cendres. Il devrait passer demain.

Trois mauvaises nuits d'affilé, c'est trop alors ce soir j'ai pris ce que l'on appelle ici un SB : si besoin. Et ce soir oui, il y en a besoin. J'espère dormir correctement. Surtout que les infirmières/infirmiers passent plusieurs fois par nuit voir si tout va bien. Certains n'allument que la veilleuse, d'autre la grande lumière. J'me rendors quand muoa sadiques ^_^.

On est enfermé dans nos chambres la nuit. Pas pour ne pas en sortir puisque l'on peut ouvrir de l'intérieur mais pour que d'autres n'entrent pas.

L'ordi me manque un peu, ne serait-ce que pour taper cela sans enquiquiner le nours.

Je viens de prendre un Stick After Eight comme si c'était une clope. Nan je l'ai pas allumé ... pas folle mais visiblement pas loin de l'être hein ...

Ce lundi démarre mal. Mauvaise nuit malgré le SB. Je suis mal , au bord des larmes, je ne sais plus ou j'en suis, larguée, paumée, partie ... quoi faire ....

Je ne sais plus .... Je ne sais pas si je vois le psy aujourd'hui. Il va falloir que je lui parle de chose que je n'ai encore dites à personne, des comportements que j'ai eu, il faut qu'il me les explique. Je veux savoir pourquoi.

What's why I'm feeling blue ....

Une psychologue vient de passer pour me proposer un groupe d'écriture moins individualiste. Bien évidement je vais y participer. J'espère que cela va me plair, j'en doute à peine en fait.

Je ne sais pas ce que je veux, ce qu'il me faut. C'est décousu comme écriture, comme moi. Toute décousue de partout mais comme je ne sais coudre, je n'arrive pas à me refaire. Je voudrais être invisible aujourd'hui ...

Un truc qui me met en colère : le gâchis de nourriture. Même emballé, un morceau de fromage que le patient ne mange pas part à la poubelle. Pour moi qui n'aies pas toujours eu de quoi nourrir mes fils je trouve ça révoltant. Et chaîne du froid mon cul, il suffit juste de remettre au frigo. Mais ils n'en ont pas le droit. Dégoutée ....

Un autre reproche à faire, l'anorexie n'est pas vraiment prise en compte. Même en leur disant « pas beaucoup » certains/aines t'en collent une platrée et donc direction poubelle là encore.
Et elles attendent plantée comme des gardes chiournes alors bonjour la pression, faut se dépêcher etc, etc. je suis à deux doigts, et c'est vraiment le cas de le dire, de tout faire ressortir ....

Même pour le soir ... j'ai tout gardé finalement. Mais parce qu'autre chose à fait passer ça à un autre plan. Une baisse de « revenus » qui fera que je serais expulsée de l'appart dès la fin de la trêve hivernale au lieu du 18 mai. Je ne suis pas à deux mois près r 'marquez, hein.

Ben oui, mon loyer risque d'être refusé du coup. J'ai craqué dans les zoreilles de l'ours.

Marre qu'on me balance par terre dès que je tente de me relever. La tentation est grande d'y rester, par terre. Tellement de choses à dire mais ma main ne va pas assez vite et ma tête, trop. Je rêve d'un clavier.

Je vous poutoute tous très fort, la suite au prochain numéro

 

Dimanche 13 décembre 15h35

Petit passage vite fait... permission pour la journée que je passe avec mes gnomes. Je ne vais ni bien ni mal... je vais... Je continue d'écrire, pour moi, pour vous. J'enverrai ça au zours. L'assistante sociale d'ici va appeler la gérance à propos de l'expulsion et la caf à propos de la baisse. Elle a aussi faxé le jugement à mon avocat qui ne la reçoit pas directement du tribunal. Ca aide à pas trop se prendre la tête. Trop à dire, pas le temps d'écrire tout ce que je voudrais. Tant pis pour le zours qui s'est proposé comme secrétaire ^__^ Je vous poutoute très fort.