Mardi 22 décembre

Ce matin, prise des médocs vers 8h45, en file indienne, j'attends que le monde soit un peu passé et je vais chercher mes bonbons, comme je les appelle. L'infirmière, toute souriante, me dit : « Alors c'est pour aujourd'hui la sortie !! » Je crois que j'ai changé de tronche vu celle qu'elle faisait tout à coup. Un nœud aussi subit que violent me prend le ventre et je lui réponds : « Ah bon ? Beeeeeeeen..... Eeeeuuhhhh.... Comme ça, d'un coup ? » Elle ne savait plus trop quoi dire, sinon que je verrais les docs le matin même. Ce qui fut fait un peu avant 11h. Et là......

.... je n'ai pas eu le choix, ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient rien faire de plus pour moi, un m'a serré la main en me disant avec un grand sourire d'arrêter de tout intellectualiser, que sortir doit être aussi naturel que respirer et que je devais vivre (merci du conseil..... qu'est ce que tu crois donc que j'essaie de faire ? Je ne lui ai pas répondu ça mais il s'en est fallut de peu) Mon ordonnance était prête à être imprimée, mon bon de sortie déjà au secrétariat. J'ai trouvé ça un peu hard, je pensais, bêtement, que je l'aurais su quelques jours à l'avance, pas quelques heures seulement.

Pendant que je préparais mes affaires, une infirmière est entrée et a été surprise de me trouver encore là (ça faisait environ 2h que je le savais mais je devais voir l'assistant social et j'attendais mon Moyen avec des sacs supplémentaires). Elle m'a fait comprendre que je devais me dépêcher un peu, qu'ils attendaient pour pouvoir faire le lit pour une entrée. Aaaaaaaaaaah ok..... Telle serait donc la vraie raison de mon départ... mais après tout, quelle importance.... on s'en fout hein.....

Ce que j'en ai retiré ? Huuummmmmmm....... Je réflechis et je vous dis ça..... Sérieusement ? Mais je le suis. « A part » du repos somme toute assez relatif vu l'endroit, un ajustement vers le haut de mon traitement (ma doc qui ne voulait pas me mettre à 2 gélules/jour va faire un bond quand elle verra que j'en prends 3/jour) qui a stabilisé mon humeur sur maussade à tendance sourire. Là bas en tout cas. Ici, chez moi, faudra voir avec le temps. Pour le moment, c'est pas facile. Un remède contre la bouche très sèche à cause des médocs, ça m'aurait bien aidé ça, tiens....

Maintenant, je relativise autre chose : mon état mental.

Je devais être une des, sinon la, plus sensée de l'hopital, c'est dire les cas qu'il y avait.... ^__^ Ce matin, un jeune criait dans le « jardin » « Mickey est mort, Mickey est mort.... Donald pleure.... » quand un autre, un « gros bébé » taxait à tout bout d'champs, de tout, des clopes à la carte téléphonique en passant par ton portable, un café ou un truc à manger.... tout doux au phone avec sa mère et qui gueule après son père la seconde d'après... Des attachants comme R. et L. que j'espère revoir dehors. Certains avec des regards perçants, qui t'insultent dans une langue que tu ne comprends pas, une qui te paraît sensée un soir et est complètement incohérente le lendemain, l'égocentrique mythomane qui parle tout le temps et qui ramène tout à elle (elle voulait qu'on aille boire un coup cet aprem, elle sortait aussi.... bah tu m'excuses mais..... nan !!) et il y en aurait encore à dire sur elle, les paranos en tout genre, ceux qui pètent les plombs se croyant envoutés/harcelés/traqués, voire les trois à la fois, que la famille place là d'office, un jeune de même pas 30 ans, qui en paraissait 10 de moins, à planer la plupart du temps, qui me dit que j'ai un pur look et à mon Moyen aussi ^__^ Encore et encore, tant d'autres encore.....

 

Un méga gros merci à MrBear, qui reste mon ami..... ^__^ Merci de me supporter. Merci à toi d'avoir posté mes notes et donné de mes nouvelles. Merci très beaucoup à vous qui êtes venus commenter. Je manque de temps pour vous répondre à tous personnellement, je pars jeudi très tôt avec mon Dernier en direction du sud, passer noêl avec mon Grand que je n'ai pas vu depuis le mois de mars. J'ai mon billet aller mais pas encore le retour...... me d'mande si j'vais rev'nir tiens......

 

C'est fini

 

Le plaisir de regarder
Les films en couleur
Un président série B
Cow-Boy de valeur
Les chercheurs d'or
Et les duels où l'on ne voit pas la mort
Les baisers trichés
Tous les beaux défenseurs
De la veuve et de l'opprimé
Oh oh oh

Un grand sauvetage en mer
Héros de la guerre
Le retour à la maison
Le père qui est fier
La mère qui pleure

Enfants grandis dont on confond les noms
Les violons
Un hold-up élégant réussi
Où la morale a désobéi

C'est fini
Oh mets la lumière
Il faut se réveiller
Faire un travelling arrière
Oh c'est fini
Il faut s'y faire
Oublier les vapeurs d'éther
Redescendre sur terre

Se choisir un bon métier
Rentrer de bonne heure
Le journal télévisé
Pour voir des horreurs
Et repartir
La magie d'un film peut tout effacer
Pour mieux s'endormir
Ce n'est pas parce qu'on a des idées
Qu'on est obligé de se mouiller

C'est fini
Oh mets la lumière
Il faut se réveiller
Faire un travelling arrière
Oh c'est fini
Il faut s'y faire
Oublier les vapeurs d'éther
Redescendre sur terre

                                          Daniel Balavoine