La mesquinerie et le mensonge était encore au rendez-vous. Comme j'ai déposé la requête, j'ai parlé en premier. J'ai expliqué que Joris ne voulait plus vivre chez son père à cause du manque de stabilité, qu'il avait besoin de savoir qui viendrait le chercher à l'école, qui allait s'occuper de lui quand son père serait au boulot. Qu'il était resté deux fois seul jusque 2/3h du mat, son père ne s'étant pas préoccupé de savoir si un de ses frères serait là ou pas. La goutte d'eau étant ses affaires pour la rentrée scolaire, que son père, trois jours avant la rentrée, n'avait toujours acheté.

Ce fut son tour ensuite. Il s'en est occupé de A à Z, financièrement parlant, depuis leur naissance. Et les allocs ? Et la pension qu'il n'a jamais donné ensuite ? Ils mangeaient comment les gamins quand ils étaient chez moi alors ?? Je ne fais pas manger Joris correctement puisque je cuisine sur un butagaz. C'est sûr que les pizzas et les mac do que lui achète, ça marche pas là dessus Il fait la couture et pas moi bah y'a rien à recoudre, c'pas ma  faute, il se demande même si j'ai une aiguille et du fil chez moi. Il fait du repassage et pas moi bah les jeans et les joggings, ça se repasse pas, les tee-shitrs et swweat non plus quand c'est étendu correctement. Il a des hauts et des bas, certes, mais surtout depuis les problèmes de garde pardon ?? tu peux répéter là !! J'étais d'accord pour la garde partagée parce qu'il s'occupe des enfants mieux que moi, surtout niveau bouffe il paraît que j'ai dit ça moi !!??Que trois hommes ont vécu chez moi que le troisième se dénonce que j'vois à quoi il ressemble !!! Je lui ai dit ensuite qu'il valait peut-être mieux deux hommes avec qui ça se passe bien qu'une femme avec qui ça se passe mal et qui frappe Joris... y a eu comme un blanc...

Ces audiences sont trop courtes pour pouvoir dire tout ce qu'il y a à dire. La juge nous a donc envoyés chez la psy du tribunal afin qu'elle nous donne rendez vous et qu'elle entende Joris. Il y aura ensuite une dernière audience devant la juge, en présence de la psy qui fera son rapport et elle prendra sa décision.

La psy va en entendre, je ne laisserais rien passer.

 

Ce soir, j'ai discuté un bon moment avec Joris. Il avait besoin de parler. Ca me fout en l'air d'entendre les pensées de cet enfant. Il pense à la mort, aux démons. Il se renferme. Il m'a dit que les cours glissaient sur lui, qu'il n'arrivait plus à se concentrer. Sa colère est perceptible. Au collège, il est l'objet de brimades, d'insultes. « On » n'aime pas les ronds, les intelligents, ceux qui ne font pas de bêtises, qui ne sont pas de la racaille, qui ne rentrent pas dans leur moule de petits cons pseudo rebelles. J'ai mal pour mon fils. Il suivait une thérapie qui lui a fait énormément de bien mais qui a été interrompue parce que son père n'a jamais répondu aux demandes de rendez-vous de la psy qui avait besoin de nous voir avant de continuer avec Joris. Il n'y a pas longtemps, il m'a posé des questions sur le décès de son frère ainé. Il a voulu connaître l'histoire. Il en a pleuré. Il me demande d'aller au cimetière, tout comme ses deux frères. On va y aller ce week-end. Peut-être cela l'aidera t'il à « ranger » cet épisode. Je ne sais pas mais je l'espère. Ce que je sais, c'est que ce ne sera pas un moment facile mais je le pense nécessaire.