Presque comme une demande en mariage, le Zours m'a demandé de vivre avec lui. Cela m'a fait plaisir, m'a beaucoup touché mais je n'ai pas su lui montrer. Quand je suis contente, heureuse, je n'arrive pas à l'exprimer. Peut-être, n'en ai-je pas eu suffisamment l'occasion auparavant... Tsssssssss...... encore un truc que ch'sais pas faire......

Il m'a montré ça sous le jour très matériel de : c'est idiot d'avoir deux appartements, un qu'il paye alors qu'il n'y est pas souvent, doubles loyers et factures et qu'en plus je rame financièrement pour entretenir le mien. Il n'a pas tort. Je sais pertinemment qu'il n'y a pas que ça, que ce n'est pas que pour ça. On est bien ensemble, il a envie de rentrer auprès de moi le soir et il ne conçoit pas la vie en solo. Pis y veut mes vynils et mes cds !!!! Naaaan pas pour les j'ter.... enfin.... pas tous.... ok.... beaucoup....

Bien sûr, on en avait déjà parlé. Bien sûr, c'est ce que l'on souhaite. Pourtant... ça n'est pas sans me faire peur. Oh, pas dans notre capacité à vivre ensemble, depuis plus de huit mois, s'il y devait y avoir des incompatibilités, on s'en serait aperçu. Certes, vivre ensemble c'est ce que l'on fait déjà mais.... chacun chez soi tout de même. Là, ce serait du « commun ». J'amène si peu financièrement et je n'aime pas ça. Arriverai-je à tenir ma part ? Il me propose de ne prendre en charge que la bouffe, mais même ça, aurais-je assez ? Je n'aimerai pas que l'on pense que je suis une profiteuse. J'aime avoir mon indépendance financière, ne pas avoir de compte à rendre.

Cela m'amène plein de questions, forcément. J'ai tout de même quatre échecs derrière moi, en grande partie dûs à la maladie, pour l'un d'entre eux, pas seulement la mienne. Et s'il y a bien une relation que je n'ai pas envie qu'elle foute en l'air, c'est bien celle là. J'aimerai arrêter de me dire : il faut que je fasse ça et ça dans la maison sinon il va pas être content, je suis à la maison et rien n'est fait ou presque, je ne suis qu'une feignante etc etc.... Le quotidien est difficile à vivre pour moi, si je vis seule, ça ne me pose pas trop de problème mais sinon, je culpabilise, je me dis que, là encore, j'ai des comptes à rendre et je n'aime pas ça. Je voudrais être moi, accepter et “vivre” et soigner ma maladie comme je le veux. Comme beaucoup je n'aime pas qu'on pense du mal de moi, qu'on pense en négatif alors je passe sur des choses, me force, m'oblige alors que je n'en ai pas envie, pour que la personne avec qui je vis soit content, n'ai rien à redire. Je ne parle là, que du quotidien, parce que m'occuper de lui, lui faire plaisir, ça j'aime. Alors vais-je être capable de vivre de nouveau avec un homme ? Ne vais-je pas encore tout gâcher ? Ne vais-je pas me sentir obligée de trouver un boulot vite, n'importe quoi, pour ne plus être dépendante ?

Une autre chose importante : le tri que je vais devoir faire. Il n'est pas question de “tout” ramener. Les deux dernières fois où j'ai déménager, j'ai dû le faire en très peu de temps, une quinzaine de jours entre le moment où j'ai su et où j'ai dû. Pas eu le temps de faire le tri de 10 années la première fois alors les sept suivantes s'y sont ajoutées. La somme de boulot, tant matérielle qu'intellectuelle, est incommensurable.

Enfin, il va s'imposer un peu plus vis à vis des enfants, tout comme moi vis à vis des siens. Comment allons nous le prendre ? Comment vont ils le prendre ?

Mon Petit est d'accord pour déménager, d'autant que ce n'est pas à Paris et qu'il y a la forêt pas loin. Mon Moyen est mitigé, ça le tente mais ça fait loin. Je n'ai pas envie d'être séparée de lui, notre relation est particulière, j'ai besoin de le voir, de l'avoir près de moi souvent.

Alors oui je le veux, je sais que ça m'/nous apportera une certaine sérénité, un certain calme, ça n'empêche que ça me fait peur.

 

Plus pragmatique. J'ai enfin reçu ce fameux courrier de la sécu. Je n'ai pas assez d'heures de boulot ou de montant de cotise. Que faire alors puisque je ne peux justifier de plus d'heures ou de plus de cotise ? J'avoue, je bloque. Si seulement l'autre pétasse de l'anpe n'avait pas refusé une rétroactivité de la date d'inscription, j'aurai eu suffisamment au moins pour la première condition. Mais le recours était tellement difficile à déposer, j'étais déjà tellement mal que j'ai laissé tomber... d'autant qu'il m'aurait piqué ce qu'ils auraient dû me verser. Je ne sais vraiment pas quoi faire, ce n'est pas possible de vivre encore avec moins de 440 euros par mois, en en enlevant 250 pour le loyer que je dois impérativement payer. Oui, il faut être riche pour pouvoir se soigner. Je ne sais plus quoi faire. Je ne suis pas en état de reprendre des recherches de taf, et dans quoi en plus... mais j'ai besoin de faire vivre mes gamins normalement. Alors quoi bordel ??? Elle est où, la solution ??? J'en ai marre de ramer...