De l'impact des dépressions...
... parentales sur les enfants. Maman se soigne et va mieux, l'enfant est joyeux, souriant quand il est chez elle. Papa ne se soigne pas, va de plus en plus mal, l'enfant est triste et a de sombres pensées quand il est chez lui. Cet enfant ne commence pas sa vie idéalement. Ca n'allait plus entre ses parents depuis un moment déjà, Maman était à la recherche désesperée de tendresse et d'amour et ne le trouvait que chez ses enfants. Elle avait envie d'un troisième petit bout, de cet amour et cette tendresse inconditionnels qu'elle trouvait chez ses enfants et qu'elle leur apportait, mais elle savait que ce n'était raisonnable. Pourtant, à la faveur d'une fois en plusieurs mois, Bébé s'est annoncé. Serait ce Dame Nature qui lui a donné ses règles les deux mois suivants, histoire qu"on" ne demande pas à Maman à ce qu'elle s'en débarrasse ? Maman et Papa ne se parlant presque plus, elle lui écrivit " je suis enceinte". La réponse de Papa a été "et bien il n'est pas de moi". Ca commençait bien. Maman a "prié" toute sa grossesse que Bébé ressemble à Papa parce qu'elle savait que ce Bébé était bien de ce Papa, il n'y avait que lui dans sa vie, elle l'aimait depuis ses 13 ans, elle en avait 31 et ils étaient ensemble depuis qu'elle avait 24 ans. Elle espérait toujours entendre ces "je t'aime" et avoir cette tendresse du début et qu'elle n'avait plus entendu ni eu droit depuis tant d'années. La grossesse se passe très bien d'un point de vue physique mais plutôt mal d'un point de vue psychique. A huit mois, c'est la grosse crise. Après une énième dispute, Papa décide de quitter Maman en pleine nuit, la laissant avec les deux petits qui dormaient et celui qu'elle tenait bien au chaud en elle. Il part, Maman fait une crise d'angoisse, a des contractions mais elle réussit à se calmer, seule. Papa finit par revenir avant le lever du jour. Et la vie continue dans le mutisme et la dépression des deux parents. Bébé pointe le bout de son nez après un accouchement déclenché pour cause d'angoisse de Maman. Ce n'est pas très naturel comme arrivée, ce n'est pas Bébé qui a choisi comme cela devrait être. Bébé portrait craché de Papa, le doute est levé. Bébé est aimé immédiatement par tout le monde, il est chouchouté, câliné, Papa s'en occupe et l'aime. Entre Papa et Maman, ça ne s'arrange pas pour autant. Bébé a deux ans et demi quand Maman trouve du travail, qui l'éloigne de la maison 15 heures par jour. Il en a trois quand elle obtient une loge et peut enfin profiter un peu plus de ses enfants. Malgré ce changement de situation qui apportait du positif dans certains domaines, Papa pour qui tout est devenu clair et pour qui Maman est la femme de sa vie, entre eux rien ne va plus. Les sentiments de Maman se sont éteints tout doucement ces deux dernières années, elle ne croyait plus que ça puisse s'arranger et n'aspirait qu'à une chose : la tranquilité de l'esprit. Ils faisaient chambre à part. Un jour, Papa dit qu'il n'en peut plus de vivre comme ça, qu'il part le lendemain chez sa soeur. Cette décision qui sortait de sa bouche tous les six mois depuis une dizaine d'années, il la prenait une fois de plus... pour, une fois de plus, changer d'avis le lendemain. Sauf que là, Maman a dit stop. Petit Bout avait trois ans et demi lors de cette séparation devenue inévitable car sans sentiments d'un côté, ça ne peut pas fonctionner. Maman est entière, elle ne sait pas faire semblant d'aimer. Papa n'a pas supporté cette séparation, il a parlé, trop parlé, devant les enfants, croyant qu'ils ne l'entendaient pas. Ils ont entendu des choses qui n'auraient jamais dû arriver à leurs oreilles. Mais ils n'ont rien demandé, pas posé de questions de peur d'envenimer les choses, de rendre Papa encore plus triste... ils ont gardé leurs questions, leurs inquiétudes et c'est devenu lourd, très lourd pour eux au fil du temps. Tout cela, malgré le dialogue avec Maman les a fortement perturbé au cours des années. Maman a été obligée de mettre ses enfants à la cantine alors qu'elle avait pris ce travail pensant leur éviter... elle n'a pas réussi et Papa le lui a reproché, mettant le mal être des enfants sur le compte de la cantine et lui dire que si elle ne l'avait pas quitté, ils n'en seraient pas là. Papa met tout sur le dos de Maman. Pendant les deux années et demie qui ont suivies, Maman s'est occupée presque seule de ses enfants, Papa ne les prenant que très peu de part son état et ses conditions de travail alors qu'il avait toujours été prévu qu'en cas de séparation, une garde alternée serait mise en place. Un travail prenant et pesant, trois enfants, une dépression et une grave crise d'anorexie ont fait s'effondrer Maman bien qu'elle vienne de commencer à se soigner sérieusement. Elle faillit mourir ce jour-là. Maman à l'hopital, Papa n'eut plus le choix, il devait s'occuper de ses enfants. Dès la rentrée, Papa a trouvé une nourrice et les choses sont allées en s'arrangeant. Maman allait mieux, Papa s'enfonçait tout doucement. Petit Bout est très sensible et absorbe les émotions comme une éponge. Papa s'est effondré et s'est retrouvé à l'hopital... s'est mis enfin à se soigner en sortant... pour tout arrêter quelque mois plus tard prétextant qu'il ne guerrisait pas assez vite, que ça ne servait à rien. Maman pallie, Maman remplace mais elle n'est pas Papa, elle ne peut pas jouer son rôle auprès des enfants. Elle l'aide, le motive, crie rien n'y fait. Papa replonge encore plus gravement. Retour à l'hopital pour Papa. Maman explique mais il y a des questions auxquelles elle ne peut pas répondre à la place de Papa... alors les enfants trinquent. Papa ne leur parle pas, ne leur explique rien pensant les protéger. Grave erreur. Cela fait 3 ans que cela dure comme ça, en montagnes russes, que Papa commence à se soigner et arrête peu après. Aujourd'hui, Papa s'enfonce de nouveau, ne veut pas, n'arrive pas à se soigner bien qu'il voit que Petit Bout s'enfonce lui aussi. Petit Bout en a marre de la séparation, il rêve que ses parents se remettent ensembles, il a peur que Maman prenne des cachets pour mourir parce qu'elle a une maladie aux yeux (visiblement, il a lu un livre où une comtesse prend des cachets pour se suicider parce qu'elle a une maladie grave.) Petit Bout sait pourtant que ce n'est pas grave du tout, Maman lui a expliqué ce qu'elle avait. Il n'arrive pas à parler à Papa parce qu'il ne veut pas le rendre plus triste. Petit Bout se rend malade, il vomit, a des maux de ventre. Papa lui manque quand il est chez Maman, Maman lui manque quand il est chez Papa et les deux lui manquent quand il est à l'école. Ce n'est pas normal. Petit Bout a peur qu'il arrive quelque chose à ses parents quand il est à l'école. Petit Bout s'angoisse beaucoup trop pour son âge, il se pose des questions, a des pensées qui ne correspondent pas son âge. Il ne peut pas vivre sa vie d'enfant, la faute à ses parents et aujourd'hui à Papa qui refuse de se soigner. Maman a fait ce qu'il fallait, au tour de Papa d'être enfin ce qu'il est réellement mais qu'il ne veut pas croire, un homme bien, intelligent, généreux, drôle, le bon Papa qu'il est au fond de lui. Maman a pleuré ce soir, au téléphone en parlant avec Papa, elle n'en peut plus de voir ses enfants mal dans leur tête, des mauvaises relations que les deux grands entretiennent avec Papa, du manque de communication entre eux. Elle a supplié Papa de se soigner pour que Petit Bout et ses frères retrouvent leur vrai Papa. Vendredi midi, Maman prend Petit Bout à manger, elle va lui parler encore, lui expliquer encore, répondre à ses questions encore, patiemment, tendrement.... peut-être lui faire lire cette histoire qui est la sienne... elle ne sait pas...
Six Heures
De Palmas
Encore une nuit sans sommeil
Une nuit où je serai de trop
Encore une fois mon arme s'enraye
Je ne trouverai pas le repos
Mes journées sont longues et sans sommeil
La paresse m'enivre et aussitôt
Je me dégoutte, je sens dans ma bouche un goût de fiel
Tout sera fini très bientôt
Car il est
Six heures
Je n'arrive pas à croire qu'il est six heures
Six heures, six de trop
Je crois qu'il est tard quand il est tôt
La nuit devrait me porter conseil,
Mais je préfère rêver debout
Tenter d'être meilleur que la veille,
Mais je suis au dessous de tout
Je tourne comme une âme en peine,
Ne sachant où jeter mon corps
Je me dégoûte je sens dans ma bouche un goût de fiel
Tout sera fini très bientôt
Six heures
Je n'arrive pas à croire qu'il est six heures
Six heures, six de trop
Je crois qu'il est tard quand il est tôt
Mais les gens ne sont pas tous pareils
Certains trouvent un sens à leur vie
Tapi au fond de mon trou, je les surveille
Dans mon regard il y a l'envie
Six heures
Je n'arrive pas à croire qu'il est six heures
Six heures, six de trop
Je crois qu'il est tard quand il est tôt
vendredi 01 décembre 2006 à 08h00
par Titepuce
etant maman aussi je suis touchee par tes mots...
viens que je te fasse un gros calin ma puce...
je t'embrasse tres fort autant que je t'aime et ton ptit bout je lui fais un gros bisou sur les joues...